Camorra en Guerre, 2006

Camorra en Guerre, 2006
Quelques jours après l'annonce, par le gouvernement italien, d'un "plan de sécurité" pour Naples, le quotidien de la grande cité parthénopéenne est rythmé par les descentes de police. Mercredi 8 novembre, une trentaine de personnes ont été arrêtées dans le quartier Fuorigrotta, au sud-ouest de la ville, tandis que des dizaines de perquisitions étaient effectuées à Sanita, le quartier du centre historique.
Le même jour, 400 hommes accompagnés de maîtres-chiens et d'hélicoptères investissaient Melito, une banlieue nord. Comme la veille, dans les quartiers Scampia et Secondigliano, les policiers visaient le trafic de stupéfiants. Nulle improvisation dans ces opérations, comme si l'on avait attendu l'ordre donné, le 3 novembre, par le ministre de l'intérieur, Giuliano Amato, de "frapper les sanctuaires de la Camorra" - nom historique de la pègre napolitaine.
La mobilisation se veut à la hauteur de l'émoi provoqué en Italie par la vague de crimes qui a fait dix-huit morts depuis la fin octobre. Sera-t-elle suffisante pour éradiquer un phénomène vieux de plusieurs siècles, présent dans toutes les activités - illégales et légales - de Naples, de sa province et de la région Campanie ?

La Camorra, seul exemple d'une mafia née en milieu urbain, serait apparue au XVIe siècle. Dès 1863, l'historien Marco Monnier la définissait comme "l'extorsion organisée, une société secrète populaire dont la finalité est le mal". Contrairement à d'autres organisations répondant aux mêmes critères - Cosa Nostra en Sicile ou la N'Drangheta en Calabre -, la Camorra n'a pas de structure verticale. Aucun chef suprême ne contrôle le système, ne définit la stratégie ou ne fait respecter une discipline générale. Chaque quartier a son clan, qui gère son territoire en toute autonomie. C'est ce qui rend la lutte contre elle si difficile à organiser.
Ce qui explique, aussi, les périodiques flambées de violence entre clans ou parfois en leur sein. En deux occasions, la Camorra a tenté de se structurer autour d'une hiérarchie unique. Dans les années 1970, le boss Raffaele Cutolo a fondé la Nuova Camorra Organizzata (NCO). L'essai s'est achevé dans un bain de sang lorsque ses opposants ont fondé la Nuova Famiglia : 264 morts pour la seule année 1982.
Dix ans après, Carmine Alfieri tenta d'organiser la Camorra au niveau de la Campanie. Il alluma une nouvelle guerre totale (708 morts de 1989 à 1991, plus de 500 à Naples même).

Car les raisons de s'entre-tuer ne manquent pas. Fin 2004 et début 2005, une tentative de sécession à l'intérieur du clan de Paolo Di Lauro a déclenché, dans les quartiers Scampia et Secondigliano, une escalade meurtrière (134 morts).

Les crimes des derniers jours, eux, résulteraient d'une modification des équilibres dans l'aire napolitaine, avec la constitution de deux cartels : les clans Misso-Mazzarella-Sarno contre "l'alliance de Secondigliano" (Di Lauro, Licciardi). L'instabilité serait accrue, selon la direction régionale antimafia, par l'émergence d'une génération de boss plus violents que leurs pères ou leurs oncles. Le problème ne se résume cependant pas à un jeu de gendarmes et de voleurs. L'organisation est si bien enracinée à Naples qu'on ne l'appelle plus Camorra, mais "O'Sistema" (le Système). Auteur d'un livre très pessimiste sur l'avenir de sa ville, l'écrivain-journaliste Giorgio Bocca dénonce l'ampleur des complicités : "Les personnes non affiliées, non compromises, non directement complices, non économiquement dépendantes, non sympathisantes et non culturellement contaminées se comptent désormais à quelques dizaines de milliers" seulement, a-t-il écrit dans L'Espresso. Une récente couverture de cet hebdomadaire de centre gauche s'intitulait : "La Camorra a gagné".

L'émotion soulevée par l'actuelle série de meurtres a deux raisons. D'abord le succès considérable de Gomorra, un livre de Roberto Saviano. Ce jeune écrivain est aujourd'hui menacé de mort pour avoir raconté son "voyage dans l'empire économique et le rêve de domination de la Camorra". Ensuite, le cri d'alarme du président de la République, Giorgio Napolitano : "Je vis avec angoisse ces jours qui sont pour Naples parmi les pires depuis longtemps." En pressant le gouvernement d'agir, le chef de l'Etat a évoqué "une urgence non seulement criminelle, mais environnementale, sociale et culturelle".

Etant très décentralisée, la Camorra ne gère pas de grands marchés internationaux. Mais elle est présente dans tous les secteurs de l'économie régionale. Ses clans ne gèrent pas seulement les trafics divers, la prostitution et les extorsions de fonds. Ils sont présents dans les offres publiques de chantiers, les adjudications et mille activités liées à la dépense publique. Le chef de la protection civile, envoyé pour résoudre la question des tonnes d'ordures qui polluent la région depuis des années, a reconnu qu'"en matière de gestion des déchets, la seule réalité gagnante est celle de la Camorra".

Fondateur de l'Observatoire sur la Camorra et la légalité, l'universitaire Amato Lambertia a découvert son vrai pouvoir lorsqu'il a été élu président de la province, en 1993. Il a alors voulu réformer certaines pratiques de l'administration. "La corruption concerne les politiques plus que les camorristes, a-t-il ensuite confié à La Repubblica. Moi, je pensais au fonctionnement des bureaux ; eux, à leur clientèle électorale."
L'espoir d'un changement était né de l'arrivée aux commandes de la gauche dans les années 1990, sur un programme de "Rinascimento" (renaissance) de Naples. Les critiques de la presse et du gouvernement sont donc apparues comme un désaveu pour Antonio Bassolino, président de la région et ex-maire de Naples, et pour son maire actuel, Rosa Russo Iervolino. Les élus locaux, eux, se plaignent d'avoir été abandonnés à eux-mêmes.
Car, précise Marco Demarco, directeur du Corriere del Mezzogiorno, quotidien qui publie chaque mois un supplément sur l'activité de la Camorra : "En cinq ans, la région a reçu 7,7 milliards d'euros de fonds européens. Or le chômage n'a pas diminué, l'indice de pauvreté a augmenté, le revenu par habitant est le plus bas des pays européens bénéficiant de ces fonds." Un sentiment d'impuissance a envahi la classe politique locale : le 6 novembre, au conseil municipal, seuls 22 membres étaient présents sur 61 pour débattre de la criminalité organisée. Les 39 autres avaient quitté prématurément la séance pour assister à la rencontre Naples-Juventus. Commentaire d'un élu : "Pas de blâme pour qui a préféré le match aux inutiles parlottes auxquelles nous sommes condamnés."

# Posté le lundi 18 décembre 2006 14:55

Les Mafias en guerre prolifèrent en Europe

Les Mafias en guerre prolifèrent en Europe
«Pieuvres» italiennes... A Naples, elles règlent leurs comptes, en Calabre les familles se déchirent, en Sicile, sont sur le pied de guerre une fois de plus. Le retour de la violence provoque l'exode des capitaux. Et la toile mafieuse se renforce sur le continent.

L'alerte concerne l'Espagne en particulier. Les gangs de la Camorra y recyclent leur argent illicite dans l'industrie touristique. «Massivement, depuis une année», découvre ces jours-ci la police. Cela coïncide avec le début de la dernière guerre des clans à Naples, capitale de la Camorra, après dix ans d'accalmie.

Dans «l'½il du cyclone»
Les clans en conflit font bouger les capitaux «pour les mettre à l'abri». Les réseaux étrangers sont plus sûrs, à condition d'opérer des investissements. Il est des périodes durant lesquelles les flux s'intensifient. «Nous sommes en plein dans l'½il du cyclone.» Normal que les alertes policières se multiplient depuis plusieurs mois. Ces derniers jours, les services secrets allemands ont mis au jour les ramifications de la Ndrangheta, la mafia calabraise, en Saxe, en Thuringe, et sur les rives de la Baltique.

Comme en Espagne, l'argent sert à acquérir hôtels, bars, restaurants et night-clubs. Encore une fois, l'arrière-plan est celui de la guerre entre les familles. En Calabre elle s'est enflammée suite à l'assassinat du vice-président du Conseil régional, en octobre 2005. L'Etat a riposté. Ses efforts viennent d'être récompensés. Vendredi, un réseau mafieux a été démantelé dans la région. Des avocats, des chefs d'entreprise, des hommes politiques et une juge y trempaient.
Pour la Ndrangheta, le réveil est amer, après une «période d'équilibre». Sa menace, souterraine et silencieuse était ignorée. Elle avait réussi à ne plus faire parler d'elle. C'est dans les moments d'oubli que les mafias prospèrent. Et si aujourd'hui, la guerre des clans ne connaît pas de trêve, le «business» ne doit pas non plus s'arrêter. Les capitaux émigrent vers des latitudes plus clémentes. «Les fonds doivent être réalloués, surtout si leur propriétaire est mort, et les réseaux réaffectés», analyse ­Nicolas Giannakopoulos.


SICILE : La menace palermitaine
Selon l'expert, à terme rapproché, un autre front risque de s'ouvrir en Sicile, règne de Cosa Nostra. Après l'arrestation du boss Bernardo Provenzano, en cavale depuis 1963, la police a coffré à Palerme une douzaine de chefs mafieux. Qui reprendra en main les rênes de l'organisation? Les successions se soldent, en Sicile, par des conflits sanguinaires. Depuis un demi-siècle, tous les dix ans, Cosa Nostra «revoit ses instances dirigeantes».

Deux effets s'en suivent. L'un est plutôt visible: les cadavres jonchent les rues de la capitale sicilienne. L'autre l'est moins: les capitaux douteux sont injectés dans l'économie privée. A Palerme, il y a trente ans, les boss ouvraient des pâtisseries. L'inflation de «cannoli et cassate» était le signe que la mafia traversait un moment très difficile. Mais l'argent prenait aussi (et déjà) le chemin de l'Europe...
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# Posté le lundi 18 décembre 2006 14:57

11 avril 2006 : La Chute du Parrain de Corleone

11 avril 2006 : La Chute du Parrain de Corleone
La "Chute" de la famille Corleone
Bernardo Provenzano, le «parrain des parrains» de Cosa Nostra, capturé le 11 avril, menait l'existence d'un ermite dans une petite bergerie.

LE VIEIL homme passait ses journées seul devant sa machine à écrire. Bien loin de l'image des Parrains siciliens vivant dans des villas luxueuses, entourés de leurs hommes de main, Bernardo Provenzano, le Capo dei Capi de Cosa Nostra, le chef des chefs de la Mafia sicilienne, menait l'existence d'un ermite.
Entré dans la clandestinité depuis quarante-trois ans, il dirigeait ces derniers mois son empire du crime depuis une petite bergerie des faubourgs de Corleone, grosse bourgade agricole perchée sur les hauts plateaux de l'ouest de la Sicile. La bâtisse de moellons est banale, ni isolée ni même pittoresque, à quelques minutes du centre de Corleone, près du supermarché Eurodiscount. Elle est flanquée d'un petit hangar, où Giovanni Marino, le berger et propriétaire des lieux, faisait chaque matin de la ricotta, le fromage frais sicilien.

Le système des pizzini
Seul dans une petite pièce aux fenêtres aveuglées par du plastique noir, ses lunettes épaisses sur le nez, Provenzano passait dix heures par jour penché sur son courrier. A sa gauche s'empilaient les affaires à traiter. Racket, blanchiment d'argent, extorsions. A sa droite, ses ordres, rédigés exclusivement à la machine. Ces messages, truffés de formules telles que «Dieu te bénisse», étaient ensuite soigneusement pliés jusqu'à ne plus former qu'un petit paquet, puis entourés de ruban adhésif : des pizzini, des «petits billets» en dialecte sicilien. Le vieil homme inscrivait ensuite un numéro désignant le destinataire. Dans l'organisation de Cosa Nostra, lui-même portait le numéro un. Les pizzini changeaient plusieurs dizaines de fois de mains avant de parvenir à leur destinataire. «Un système très lent, mais très sûr», explique Maurizio de Lucia, substitut du procureur de Palerme.
"Le système des pizzini est presque impossible à intercepter. Et comme les porteurs ne connaissent ni le début ni la fin de la chaine, on ne peut pas remonter très loin dans la filière"

Quand les policiers italiens de la Squadra Mobile font irruption dans la petite pièce, le matin du 11 avril 2006, le vieil homme est en train d'écrire ses pizzini, en se faisant mijoter une soupe de chicorée. Petit, trapu, encore costaud malgré ses 73 ans, l'Oncle Binnu (le «tracteur», allusion à son physique râblé et à la puissance avec laquelle il éliminait ses adversaires), Provenzano ressemble plus à un paisible retraité qu'à un sosie de Marlon Brando. Une Bible, un manuel des techniques d'investigation anti-Mafia et une ou deux images pieuses de Padre Pio sont ses seuls objets personnels.
«Il vivait du pouvoir et uniquement pour le pouvoir, sans les symboles et l'argent qui s'y attachent d'habitude», dit Giuseppe Gualtieri, le chef de la Squadra Mobile, l'unité de police qui l'a arrêté. A la tête d'une immense fortune, Provenzano est resté un paysan sicilien. «Pour cette génération de mafiosi, aller de Corleone à Trapani ou à Palerme est un grand voyage», ironise Umberto Santino, un sociologue qui dirige le Centre d'études anti-Mafia Giuseppe Impastato. «Mais ça ne l'empêche pas d'être un chef, avec des capacités de décision et un charisme hors du commun», précise Maurizio de Lucia.
Après l'une des plus longues cavales de l'histoire de l'Italie moderne, Provenzano a été arrêté à quelques kilomètres de son lieu de naissance. «La plupart des chefs de la Mafia ont été capturés sur leur territoire», rappelle le Dottore Gualtieri. «Mais c'est aussi parce que nous l'avions peu à peu acculé, en arrêtant des dizaines de complices et de messagers.»

Un paquet de linge pris en filature
La capture de Provenzano est le résultat d'une longue enquête. Depuis sa réapparition dans une clinique de Marseille en juin 2005, où il se fait opérer de la prostate sous le nom d'emprunt d'un boulanger sicilien, les policiers italiens ont resserré leur dispositif autour de lui. Ce sont des caméras à longue focale, placées au sommet des falaises qui surplombent Corleone, qui permettent enfin de localiser.
Un paquet de linge parti du domicile de son épouse, qui vit dans une rue étroite de la ville, donne la piste finale aux policiers. «Le paquet a mis quatre jours pour franchir quatre kilomètres, déposé ici ou là par quelqu'un, avant de repartir», explique Giuseppe Gualtieri. «Nous avons eu de la chance, parce que le colis n'a pas changé d'emballage. Quand il s'est arrêté dans cette fabrique de ricotta et n'en est pas ressorti, on a su qu'on le tenait.» Avec ses hautes maisons serrées au pied d'une falaise, Corleone n'est pas l'endroit le plus pittoresque de la Sicile, malgré les champs qui s'étendent à perte de vue dans les collines et la célébrité douteuse de la localité. «Le dimanche de Pâques, on a vu défiler des touristes qui venaient voir la Montagna di Cavalli, l'endroit où «Il» se cachait. Mais «Lui», on ne le connaissait pas : il avait disparu depuis quarante-trois ans», racontent deux habitants.
A Corleone, l'habitude de l'Omerta, la loi du silence, est toujours là. Le nom de Provenzano met tout le monde mal à l'aise. «Posez-lui plutôt la question !», dit le patron du café l'Exclesior en désignant son frère, qui sert des expresso. «Non, demandez-lui plutôt !», rétorque le frère. Les hommes avalent leur café. «Ici, personne ne parle !», disent-ils en sortant du bar.
«Corleone, c'est à la fois l'ombre et la lumière», dit Giuseppe Cipriani, l'ancien maire de la ville. Ce petit homme souriant est encore suivi par deux carabinieri en civil, comme toutes les personnalités siciliennes impliquées dans la lutte contre la Mafia. «Car la ville est à la fois le siège de factions très anciennes de la Mafia, qui se consacrait à l'époque à contrôler la répartition de l'eau et à régler les problèmes fonciers, et l'endroit où se sont développés les premiers mouvements anti-Mafia», dit-il.

C'est à Corleone que voit le jour en 1906 l'Union agricole, l'un des premiers syndicats paysans, qui s'opposent à la mainmise de Cosa Nostra sur une Sicile encore quasi féodale. Son fondateur, Bernardino Verro, devient maire de Corleone. Avant d'être assassiné par Cosa Nostra en 1915.

# Posté le mercredi 20 décembre 2006 12:47

Modifié le dimanche 31 décembre 2006 12:38

L'Opération Gotha en Sicile

L'Opération Gotha en Sicile
Aux alentours du 22 juin 2006...

L'Opération Gotha signe dès ce jour là le début d'un conflit entre Familles à Palerme et dans toute la Sicile...
Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à la mi-journée à Palerme, le préfet de police Giuseppe Caruso a fait état du risque d'une nouvelle "guerre" des clans à Palerme.


Deux mois après l'arrestation du chef du clan de Corleone, Bernardo Provenzano, la police italienne a porté un nouveau coup dur à la mafia sicilienne en arrêtant mardi à Palerme plusieurs de ses hauts dirigeants.

"Cosa Nostra est à genoux", s'est félicité le procureur national antimafia Piero Grasso.

Mardi à l'aube, plus de 500 policiers mobilisés dans le cadre de l'opération baptisée "Gotha", ont arrêté 45 personnes sur les 52 visées par les mandats d'arrêts signés par les magistrats antimafia de Palerme. Les sept autres personnes concernées sont "encore recherchées".

Outre l'arrestation de seize "chefs de clans", qui régnaient chacun sur un quartier de Palerme, c'est surtout la capture d'Antonino Rotolo, 60 ans, de Francesco Bonura, 64 ans, et d'Antonino Cina, 61 ans, qui a été qualifiée de "capitale" au vu des "rôles de direction" qu'exerçaient les trois hommes.

"Ils ont tous été dans le passé condamnés pour actes mafieux et ont tous purgé leur peine. Mais une fois sortis de prison, ils ont tous replongé en prenant les rênes de noyaux mafieux", a souligné Piero Grasso.

L'enquête fait également "apparaître des liens entre les cellules mafieuses, des entrepreneurs et des hommes politiques", a-t-il indiqué Au même moment Salvatore Cuffaro, président de centre-droite réélu le 28 mai de la région Sicile, était interrogé pour la deuxième fois par des procureurs dans un procès où il est accusé "d'action en faveur" de Cosa Nostra.

Pour boucler leur vaste coup de filet, les enquêteurs se sont appuyés sur des centaines d'heures de conversation enregistrées pendant deux ans dans un cabanon situé à la périphérie de Palerme où se réunissaient régulièrement les responsables mafieux présumés.

Ces derniers "discutaient en toute liberté et sérénité de leurs affaires criminelles" car ils se croyaient à l'abri des écoutes policières grâce à un système de brouillage qu'ils activaient au début de chaque réunion, ne se doutant pas que du matériel résistant au brouillage enregistrait tous leurs échanges.

Mais si magistrats et policiers ont ainsi pu "reconstituer l'organigramme actuel de l'association mafieuse de Palerme", c'est aussi grâce au décryptage des dizaines de lettres et documents retrouvés dans la cache du "boss des boss" Bernardo Provenzano, arrêté le 11 avril après 43 ans de cavale près de son fief de Corleone.

Le chef suprême de la mafia sicilienne, 73 ans, avait codé toute sa correspondance en remplaçant les noms et prénoms de ses contacts par des séries de chiffres.

"La capture de Provenzano et tout ce qui en découle nous donnent un avantage significatif pour l'avenir de la Sicile et de sa vie démocratique", a affirmé mardi le ministre de l'Intérieur Giuliano Amato, parlant de l'élimination "des cellules cancérigènes qui tendent à générer diverses métastases dans la société".
"Nous n'avons pas encore gagné la guerre, il y a encore beaucoup à faire" mais ces arrestations sont "un épisode très important. La lutte contre la mafia continue d'être une priorité pour notre pays", a souligné le ministre.


Selon le préfet, "les échanges entre les boss font comprendre que le risque d'homicides est très haut" entre les partisans d'Antonino Cina et Antonino Rotolo, arrêtés mardi, et ceux de Salvatore Lo Piccolo, actuellement en fuite, les deux "tendances" s'affrontant pour le contrôle de Palerme.

photo : Salvatore Lo Piccolo, puissant Parrain de Palerme, prétendant à la succéssion de Bernardo Provenzano, chef de la Coupole, le parlement de Cosa Nostra. Rival au puissant Parrain de la région de Trapani, Matteo Messina Denaro.

# Posté le mercredi 20 décembre 2006 12:54

2006, une année chargée pour la Mafia

2006, une année chargée pour la Mafia
Fin 2005 : Fin d'une guerre des gangs à Naples, arrestation de Paolo Di Lauro
France : Mort du caïd Salvatore Siviliare
Début 2006 : Guerre des Gangs à Marseille et la Vendetta Corse contre Berrhama
mai 2006, Espagne > Marbella : Arrestation de Juan Antonio Roca
10 avril : Berlusconi perd les élections en faveur de Romano Prodi

11 avril, Sicile, Corleone : Arrestation du Capo di tutti Capi, Bernardo Provenzano

Corse : Arrestation de Casanova
8 mai, Sicile : Arrestation de Carmelo Garifo, le neveu de Provenzano
5 juin : La France et l'Italie lancent une alliance pour une opération anti mafia, la Côte d'Azur visée
7 juin : Giulio Andreotti vise la présidence du Sénat
8 juin : Arrestation d'Anthony Scuchiggiare à Nice
18 juin, France, dans l'Aude : Saisie de cannabis appartenant à un clan sicilien de Trapani
19 juin, Belgique : Saisie d'un réseau de produits de dopage

22 juin, SICILE : OPERATION GOTHA, 52 mandats d'arrêts émis, 45 arrestations

25 juin, Naples, Camorra : Arrestation de Salvatore Terracciano, un des caïds de la coke en Europe
14 juillet : 'Ndrangheta : Marciano, père et fils, arrêtés
Sicile : Naissance du Mouvement "ADDIO PIZZO"
02 septembre : Saisie de trois tonnes de cocaïne
23 septembre : Crise dans la 'Ndrangheta
Corleone, Sicile : Le FBI coopère avec le gouvernement italien pour chercher à démanteler Cosa Nostra
24 septembre : La Mafia Russe assassine
Octobre : Ascension de la COCAINE en France
26 octobre : 30 condamnations à perpétuité prononcées à Palerme dont celles de Toto Riina et Bernardo Provenzano
Calabre : 4000 personnes manifestent dans les rues contre la Mafia
NAPLES : Une nouvelle guerre des gangs commence...
1er novembre : Corse : Mort de Jean-Jé Colonna
NAPLES : Romano Prodi renforce la sécurité des rues
08 novembre, France-Italie : 60 personnes arrêtées dans le cadre du démantèlement d'un réseau de cocaïne
Les clans de la Mafia prolifèrent dans toute l'Europe
19 novembre : Premiers Etats Généraux de l'Anti Mafia à Rome
24 Novembre : Procès de Jean Maurice Agnelet, Côte d'Azur
25 Novembre, CANADA : Lancement de L'Opération COLISEE, Arrestation de Nick Rizzuto
Côte d'Azur : Arrestation de Carmine Gaggio, capo d'une famille Sicilienne
Quebec : OPERATION COLISEE, toujours en vigueur
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# Posté le dimanche 31 décembre 2006 11:43